Plaines-Saint-Lange. Depuis quinze ans, le Galaxy fait partie des lieux qui entretiennent encore la tradition des thés dansants. L’établissement accueille chaque dimanche les amateurs de danse, avec une particularité : la présence de taxi-boys ou taxi-danseurs.
Chaque dimanche, le dancing de Plaines-Saint-Lange, le Galaxy, ouvre ses portes pour un thé dansant qui réunit des habitués venus de plusieurs communes alentour. Valse, tango, paso-doble, marche ou encore madison se succèdent au fil de l’après-midi, au rythme de l’accordéon.
Mais pour certaines danseuses, une question se pose régulièrement : avec qui danser lorsque l’on vient seule ? C’est là qu’interviennent les Taxi-Boys. Leur rôle est simple, mais essentiel : inviter les danseuses qui le souhaitent et leur permettre de profiter de la piste sans avoir nécessairement à venir accompagnées. « Sinon on danse entre femmes ! », confie Colette des Riceys.
Bruno exerce cette activité depuis près de quinze ans, dont cinq ans avec le statut de micro-entrepreneur. Pour lui, la danse est avant tout une histoire de passion et de famille. « Je danse depuis que je suis tout petit », explique-t-il. Ses parents tenaient une école de danse et lui avaient initialement demandé de venir faire danser quelques dames. « Ce n’était pas trop mon truc », sourit-il. Mais progressivement, il s’est pris au jeu jusqu’à transformer cette pratique en véritable activité professionnelle.
Un plus pour le Galaxy
Pour Mario Gavazzi, propriétaire du Galaxy, la présence de ces danseurs constitue un véritable atout. « Ça apporte un plus », explique-t-il. Le principe répond à une réalité bien connue des thés dansants : de nombreuses femmes apprécient de danser, mais ne souhaitent pas pour autant rester assises faute de partenaire. « Il y a beaucoup de femmes qui aiment bien danser, mais elles ne vont pas venir pour faire banquette », résume le propriétaire. « C’est une excellente chose. Bruno danse très bien, c’est très agréable », renchérit Colette qui aime se changer les idées le dimanche au lieu de rester seule chez elle. « Ça fait du bien ! »
Le taxi-boy ne se contente donc pas d’être un partenaire de danse. Il participe aussi à l’ambiance générale et contribue à faire vivre la piste. Une présence qui permet au dancing de conserver un esprit convivial et ouvert.
L’accordéon toujours au rendez-vous
Pour accompagner les danseurs, la musique demeure évidemment l’autre élément essentiel du Galaxy. Le Galaxy fait régulièrement appel à des musiciens. Ce dimanche-là, Alexis Balandier était à l’accordéon. Originaire de Cornimont, dans les Vosges, le musicien exerce son métier à temps complet et se produit aussi bien en solo qu’avec différents groupes. L’accordéoniste pratique son instrument depuis l’âge de sept ans. Une passion née notamment de son entourage familial et qui ne l’a jamais quitté.
Son répertoire ne se limite pas au musette traditionnel. S’il sait faire danser sur les valses, tangos et autres grands classiques, il aime élargir son programme. « Il faut savoir adapter son répertoire », explique-t-il. L’accordéon peut ainsi accompagner des morceaux de la nouvelle scène française, mais aussi des titres de Kendji Girac ou Claudio Capéo, qu’il revisite.
Alexis Balandier joue également au sein de plusieurs formations, dont des groupes consacrés à la chanson française. Il participe notamment à des projets autour de Boris Vian ou encore d’artistes des années 1930, ainsi qu’à des formations mêlant compositions et reprises.
Une programmation au-delà du thé dansant
Si le rendez-vous dominical constitue le socle de l’activité du Galaxy, le dancing ne se limite pas à cette seule formule. Des repas dansants sont organisés ponctuellement, ainsi que des soirées à thème ou encore des spectacles et des soirées théâtre.
Après quinze années d’existence, le Galaxy continue ainsi de s’inscrire dans une tradition populaire où la musique et la danse occupent une place centrale. Et les taxi-boys y jouent un rôle particulier : en permettant à celles et ceux qui viennent seuls de rejoindre la piste, ils contribuent à maintenir l’esprit du bal où personne ne devrait être condamné à rester assis.
Article de l’Est-Eclair – Edition du 27 Sept. 2026






