« C’est la première fois que je vois un niveau aussi bas en 15 ans », la base nautique de Chappes annule le bivouac kayak
Le bivouac initialement prévu la dernière semaine d’août par la base nautique de Chappes n’a pas pu avoir lieu cette année. La faute au niveau trop bas de la Seine, qui ne permet pas une pratique adaptée du kayak.
Les averses du lundi 24 Août ne suffiront pas à faire oublier les vagues de chaleurs successives qui se sont abattues sur le pays depuis le mois de mai. Dans le Barséquanais les conséquences sont visibles dans les vignes d’abord, avec les vendanges anticipées et écourtées, mais aussi au bord de la Seine.
À la base AEPA de Chappes, petits et grands, locaux comme touristes, aiment venir profiter de virées en kayak sur le fleuve. L’été, une colonie de vacances investit les lieux avec des séjours d’une semaine centrés sur la pratique de ce sport nautique. La dernière semaine d’août est celle du traditionnel « séjour bivouac » ouvert à 12 jeunes de 11-15 ans, consistant en une randonnée fluviale de quatre jours au départ de Charrey-sur-Seine en Côte d’Or pour une arrivée à Chappes, avec des étapes à Plaines-Saint-Lange, Polisy et Bourguignons.
Bivouac annulé dès le mois de juin
Cette expérience pittoresque attire des jeunes des territoires voisins, de la Marne et de l’Île-de-France mais n’est pas au programme de cette saison 2026. Le directeur de la base nautique Louis Campestrini a dû prévenir les familles dès le mois de juin, après avoir pris connaissance des niveaux anormalement bas du fleuve : « Les inscriptions pour le bivouac ont été ouvertes mi-avril, puis on a dû prévenir les familles que c’était annulé. Le niveau d’eau de la Haute Seine, au niveau de Bar-sur-Seine est vraiment très bas notamment entre Courtenot et Fouchères. »
1,6 m3/s de débit contre 5 m3/s attendu
En fonction depuis une quinzaine d’années, le responsable déplore la situation et ses conséquences environnementales, notamment sur les poissons « Il y a déjà eu des années de sécheresses, mais c’est la première fois que je vois un niveau aussi bas en 15 ans. Dès la mi-juin, on avait déjà atteint les niveaux que nous avons normalement fin septembre ! Mais le plus terrible, ce sont les températures. L’eau est montée jusqu’à 27 degrés. J’ai vu beaucoup de truites et d’ombres mortes ! »
Le site internet Vigicrues, géré par le ministère de la Transition écologique, nous permet d’y voir plus clair. Alors que le débit attendu est de 5 m3 par seconde, les données actuelles à Courtenot sont de 1,6 m3/s.
Même constat à Plaines-Saint-Lange mais avec une particularité : le 5 Août, le débit est passé de 6 m3/s à 1,7 m3/s. Les niveaux d’eau n’ont pas pour seule cause les aléas climatiques mais sont aussi le résultat de l’activité humaine, comme le rappelle Louis Campestrini : « La semaine dernière, on a fait la descente entre Bourguignons et Chappes mais en sachant pertinemment qu’on allait marcher et traîner les bateaux sur certaines parties du fleuve. Les chutes de niveau sont artificielles et dues à la régulation des barrages. Il n’y a pas que la sécheresse. »
Le niveau de la Seine est inhabituellement bas
Les bouleversements du programme de la base nautique n’empêchent pas de rebondir, et l’équipe d’animation propose d’autres ateliers comme le tir à l’arc, le VTT et la course d’orientation. En septembre, l’association accueillera des collégiens, avec l’incertitude du maintien des randonnées en kayak.






